Hanntac

I am a [disco](http://www.youtube.com/watch?v=7JdEZoffm-Q) zombie ! Tu-tu-tulut…

Le couple et le gore : la choucroute peut-elle survivre au disco-zombie ?

Hanntac, le

« On s’est vus hier soir. Enfin, il m’a envoyé un SMS, j’ai attendu 10 minutes et je lui ai dit que oui, on pourrait peut-être se voir, et finalement on a… On a, tu vois…
— Vous avez eu une relation sexuelle.
— En fait, je cherchais une métaphore à la fois drôle et subtile, du genre “on a joué à cache-saucisse”. Mais oui, globalement, c’est ça.
— Très subtil, effectivement.
— “Cache-saucisse cocktail” ?
— … Un peu réducteur.
— “On s’est fait une choucroute” ? »

Car mon horoscope avait raison (prétendons qu’il ne s’est pas passé un an depuis le dernier article) : oui, finalement, on se l’est faite, cette choucroute. Deux fois, même (qu’est-ce qu’on s’est mis…), une le soir et une le matin (vile tentative de sa part pour me faire rester au lit, d’ailleurs. Quel noob, comme si j’en avais besoin). C’est après cette seconde fois, durant le câlin post-coïtal de rigueur (du sexe oui, mais avec de la tendresse bordayl), que je me suis rendu compte du drame : monsieur avait fait une rupture du frein.

Petit guide de survie en cas d’accident sexuel

1. La découverte

Vous ne savez pas pourquoi, mais ce matin, la vie est belle. Peut-être parce que vous avez enfin changé votre lit, qui d’ailleurs sent déjà le sexe à plein nez à cause de vos activités de la nuit. Ha, oui, c’est peut-être aussi vaguement lié à l’individu de sexe masculin — que nous appellerons Choupidusoir afin de préserver son anonymat — que vous tenez dans vos bras, et/ou à votre activité sexuelle effrénée de la nuit, allez savoir. Toujours est-il que, malgré votre retard qui s’annonce assez énorme pour ériger un monument à sa gloire, cette journée commence très bien. Cependant, alors que vous releviez le bras dans l’intention d’écarter de votre front une mèche rebelle tout en lançant un fort libidineux « alors, heureuse ? » — alors que vous releviez le bras, donc, vous le découvrez couvert de sang. Merde, c’est pas glamour du tout, ça. Votre neurone de réveil, le seul en activité au saut du lit, s’agite alors pour trouver une explication cohérente à ce phénomène :

  1. Il a ses règles.
  2. Un agent ninja s’est discrètement introduit dans le lit pendant vos ébats et a égorgé Choupidusoir dans vos bras. (Drame : paperasse en perspective)
  3. Choupidusoir vient d’éclater un moustique mutant.
  4. Choupidusoir a réussi à renverser de la confiture partout en ramenant le petit-déjeuner au lit. (Explication peu plausible : vous ne l’avez pas quitté des deux dernières heures, il ne connaît pas la configuration de la cuisine et, surtout, vous n’avez pas de confiture)
  5. Choupidusoir fait une crise d’hémorroïdes à la marseillaise.
  6. Réfléchissons sérieusement : vous venez de sexer pendant deux heures, quelqu’un a peut-être perdu un bras dans l’opération ?
  7. Un agent ninja s’est discrètement ré-introduit dans le lit pendant vos ébats et a égorgé un petit chaton en sacrifice pour un rituel satanique, le salaud.

Petit canard vibrant ninja

Plongé dans vos pensées, vous ne l’avez pas vu regarder votre bras, puis son entrejambe, votre corps, ni ne l’avez entendu sortir du lit en hurlant — tant mieux au final, ça pourrait quand même être assez vexant comme situation. Mais pendant que vous sortiez du lit, votre neurone a commencé à réveiller ses petits copains, et alors que les cris d’angoisse de Choupidusoir, recroquevillé en position fœtale sous la douche, parviennent à votre cerveau, vous vous rendez compte que la salle de bain est verrouillée. Que vous avez du sang sur le bras (oui, ça a du mal à enregistrer la première fois). Et, en vous retournant, que Choupiquipaniquepourtroispetitslitresdesang a tendance à se cogner partout quand il est affolé : votre appartement semble désormais avoir subi une attaque de zombies en règle.

2. Gérer la panique

Déjà, pensez à faire des photos, ça pourrait rudement bien vous aider pour la prochaine Zombie Walk. Et pendant que vous découvrez la nouvelle déco de votre appartement, allez faire du café. Si si, c’est très important, vous devez en tant que survivant d’une horde de zombies assurer la continuité de la civilisation — ce qui passe nécessairement par le café. Mais, pendant que vous sirotez, couvert(e) de sang, votre drogue matinale au rythme des « putain j’vais mouriiiiir » de Choupidusoir, ne cédez surtout pas à la tentation de danser sur Boney M pour jouer au disco-zombie (même s’il n’y a décidément pas de meilleur moyen de commencer cette journée, nous sommes d’accord) ; il pourrait très mal le prendre en sortant de la salle de bain. La phrase-clé à répéter en boucle sera alors « ne t’en fais pas ; mais non, c’est rien ; ça va passer tout seul, tu vas voir ; et puis après tout, c’est quoi trois litres, de nos jours, hein ? » Soyez conscient qu’il est en état de choc, proposez-lui gentiment un café et allez vous doucher pendant qu’il appelle son médecin. Profitez bien de ce court moment de détente.

3. L’hôpital

Oui, il va vous demander de le conduire aux urgences. Non, vous n’aurez pas le choix car oui, il aura un couteau à la main et une folie meurtrière dans le regard. Ne le contrariez pas, mettez-le dans la voiture et filez à l’hôpital le plus proche sans penser à l’excuse que vous devrez trouver pour avoir été absent toute la matinée — « Ouais, désolé, j’ai eu une attaque de zombies chez moi, mais tout va bien j’ai mis un peu de disco et on est restés amis. »

À l’hôpital, donc, va commencer l’une des attentes les plus longues de votre vie. Assis entre les gémissement incessants de Choupidusoir et les « je me suis assis dessus ! » du mec qui a réussi à s’introduire une bouteille de champagne dans le rectum, j’espère pour vous que vous avez pris un livre parce que le temps va bizarrement passer très lentement.

Et surtout, surtout, rappelez-vous qu’il a été en état de choc pendant plusieurs heures, que son taux d’adrénaline a joué aux montagnes russes et qu’il a enfin encaissé une dose massive d’endorphines quand un mec en blouse blanche lui a enfin dit « tout va bien, ce n’est qu’un petit bobo de rien du tout, ça va passer tout seul ; casse-toi maintenant j’ai une bouteille de champagne qui m’attend. » Que c’est à cause de cette endorphine qu’il affiche un sourire béat et qu’il a l’air plus heureux qu’après votre partie de saikse de la nuit dernière — où vous lui avez fait votre fameuse technique de la tractopelle rotative à trois vitesses, oui oui, celle-là même que vous tenez de votre grand-mère et dont vous êtes si fier(e).

Reconduisez-le chez lui (dans cet état, il est pire que bourré, il ne serait plus capable de rentrer seul le pauvre). Rentrez chez vous, et soufflez un coup… Ha oui mais non, c’est vrai, il y a du sang partout. Un petit conseil : l’aspirine fait des merveilles (mais vous allez quand même y passer l’après-midi). Et croisez les doigts pour que l’étincelle sexuelle entre vous ne se soit pas noyée dans tout ce sang. Pour moi, ça n’a pas marché (saloperie de Boney M), mais pour vous, qui sait…?

M’en fous, j’ai une grosse b***.